CAMP ERE DE L'ESTUAIRE Port-au-Saumon

Oasis nature Charlevoix, Québec

Programmes . . .

Sciences de la nature et intégration des arts à l'écologie

Entomologie
Une chasse aux libellules de ruisseau.
Groupe d'entomologie

Derrière Port-au-Persil, coule un merveilleux ruisseau peuplé de petites truites de quelques centimètres de longueur.  Mais la pêche n'est pas le but de notre excursion d'aujourd'hui.

Nos jeunes entomologistes descendent de la fourgonnette du camp l'Ère de l'estuaire de Port-au-Saumon, filet à la main, et s'éparpillent aussitôt le long du secteur du ruisseau qui se fraye un chemin non loin du lac à l'Ours.  Dès les premiers coups de filets entomologiques, la récolte s'annonce fructueuse.  Rémi capture le premier
Cordulegaster diastatops mâle et Jean-Michel, la première femelle de cette belle grande libellule de ruisseau au vol princier.  Simon trouve une femelle Cordulegaster maculatus dans le fond de son filet.  De nombreux autres Cordulegaster mâles patrouillent les rives du ruisseau d'environ deux mètres de largeur.

Quelle est cette fascinante libellule qui survient subrepticement au bord du modeste cours d'eau, décrit un vol en demi-cercles au milieu pour s'enfuir rapidement vers les buissons des rives? N'est-ce pas
l'Ophiogomphus colubrinus?  Et quelle chance, que dire, quelle adresse, Frédéric, Jean-Michel et Mathieu parviendront tour à tour à capturer un spécimen chacun au cours de l'excursion, soit deux mâles et une femelle. Il faut bien le dire, les Ophiogomphus adultes sont relativement peu capturés en nombre, même par des entomologistes chevronnés.  Pourtant, les larves sont nombreuses dans ce cours d'eau. Bien des années se sont succédées au Camp sans qu'on parvienne à récolter ne serait-ce qu'un seul spécimen.

Le festin des libellules à Baie-des-Rochers
Tout le monde se souvient de la journée de Baie-des-Rochers.  À chaque stage, les campeurs ont pu en jouir. Si vous vous souvenez, presque tout le monde s'engageait dans le sentier dans le but de se rendre au bord de la mer, y ''luncher'', observer la nature, s'amuser, etc.  Je décidai de rester sur le quai pour y observer les libellules. Je voulais établir deux faits. Primo, quelles espèces étaient présentes parmi la cinquantaine d'individus ou plus qui volaient constamment au-dessus de la rivière et du quai? Secundo, que faisaient-elles ou plus précisément que ''mangeaient''-elles? J'ai eu réponse à mes deux interrogations. Parmi les espèces en vol, j'ai identifié ou déterminé les suivantes : Aeshna canadensis, A. eremita, A. interrupta, A. umbrosa, Cordulia shurtleffi, Dorocordulia libera, Somatochlora cingulata (une femelle seulement), Libellula quadrimaculata et L. julia.  J'ai capturé un mâle et une femelle de chaque espèce et pris soin de relâcher les autres. Pour connaître les proies de toutes ces libellules, j'ai fait trois choses. À chaque capture, j'ai examiné le contenu de leur ''bouche'' ou mandibules, capturé des insectes qui volaient au-dessus du quai et du bord de la rivière puis récolté de nombreux insectes qui émergeaient de la rivière dans les buissons et les arbustes du bord.  En bref, les diptères ou mouches constituaient  la majorité des proies du régime alimentaire de ces libellules. Les mouches à chevreuil et les mouches noires en faisaient partie.  Parmi d'autres victimes de la voracité de ces odonates, je mentionne des individus ténéraux des ordres suivants : éphéméroptères, plécoptères et trichoptères. Enfin, une libellule a pourchassé un Amiral, gros papillon abondant en ces lieux et un gros neuroptère comme le Nigronia sp. Pour connaître tous ces insectes à l'espèce, il faudrait un entomologiste spécialiste de chaque groupe taxonomique. Pour le naturaliste que je suis, il m'intéresse de connaître en gros ce que dévore les libellules et j'ai trouvé réponse à mon interrogation ...En passant, l'exprience pourrait se renouveler, puisque à chaque année j'observe ce phénomène au quai de Baie-des-Rochers.

Des recherches à l'été 2014 en écologie
et entomologie au Camp L'Ere de l'Estuaire