CAMP ERE DE L'ESTUAIRE Port-au-Saumon

Oasis nature Charlevoix, Québec

Écologie à Port-au-Saumon

Observation de deux espèces de Lestes dans une petite mare derrière Port-au-Persil (Charlevoix-Est)
Lestes dryas 2
Le 27 juillet 2004, une équipe constituée d’une dizaine de jeune de 8 à 14 ans du camp l'ERE de l'Estuaire se rendait à une mare située à quatre ou cinq kilomètres au nord de Port-au-Persil. Nous voulions montrer une petite mare d'une d’une vingtaine de mètres de circonférence, tout au plus, étouffée par la végétation, où grouillait un nombre surprenant de demoiselles du genre Lestes (larves et adultes). Rendus dans la mare, l’eau nous arrivait aux genoux. Il est important de signaler que d’une année à l’autre, la circonférence et la profondeur de cette mare varient énormément.

Le naturaliste reste toujours surpris de voir qu’une étendue d’eau de si petite dimension peut héberger autant d’insectes, odonates, pu- naises et coléoptères aquatiques. Les participants voyaient des demoi- selles (zygoptères) adultes, mâles et femelles, des émergences sur les tiges de plantes, des exuvies également sur celles-ci et des larves dans l’eau. Il fut facile en examinant à la loupe plusieurs individus d’établir que deux espèces de Lestes peuplaient le milieu, soit L. d. disjunctus et L. congener (espèce de deuxième partie d’été et d’automne). Ces deux espèces sont répandues au Canada de l’Atlantique au Pacifique.

Nous prîmes l’initiative d’apporter une vingtaine de larves au laboratoire du camp dans l’espoir d’observer des émergences. Après une couple de jours, celles-ci ne se produisaient pas encore. Je con- seillai aux campeurs de placer l’aquarium de façon à ce que la partie contenant les larves soit à l’ombre, sous une fenêtre, et les tiges éclai- rées par le soleil en souhaitant que les émergences aient lieu. C’est ainsi que nous avons eu la chance d’observer des éclosions de larves de Lestes, de voir des adultes s’extirper de leurs dépouilles larvaires.

Il faut cueillir ces nouveaux adultes, fragiles et vulnérables, avec délicatesse en les manipulant le moins possible avec nos mains et les placer dans les moustiquaires des fenêtres du labo. Cela permet le sé- chage et le durcissement du corps de ces individus ténéraux (nouveaux adultes). Nous pouvons ensuite procéder aux lâchers de ces adultes dans la nature une ou deux journées plus tard, à proximité d’une mare « à Lestes » qui héberge une végétation immergée abondante.

Lors d’une visite au camp ÈRE de l’estuaire le 9 octobre 2004, j’étais au labo avec Denis Turcotte, le directeur du camp. Celui-ci me montra quelque chose de tout à fait inopiné et imprévu. Un Lestes disjunctus mâle adulte était resté emprisonné sur un papier collant au mur depuis l’été, fort probablement et ce, en très bon état.

C’est ainsi que deux espèces d’odonates communes dans une mare de dimension réduite peuvent servir à l’initiation et à l’émer- veillement de naturalistes et d’entomologistes en herbe.